Article technique · pathfinder #2
Pathfinder - La réflexion (2/3)
Publié le 16/04/2026 à 19:27
Repartir du problème
Un incident. Un split-brain en production.
Sur le papier, tout est correct : redondance, séparation, architecture validée. Pourtant, l’incident se produit. La cause est simple, presque banale : les chemins physiques ne sont pas réellement indépendants.
Ce que l’on fait très bien
On construit des architectures robustes, en s’appuyant sur des mécanismes éprouvés : multi-homing, ECMP, redondance des plans de contrôle. On valide les états de convergence, les pertes de liens, les bascules actives et passives.
Sur le plan logique, l’ensemble est maîtrisé.
L’hypothèse implicite
Toute cette construction repose sur une hypothèse rarement remise en question : les chemins physiques sont indépendants.
Cette hypothèse est généralement implicite. Elle est rarement vérifiée.
Une première intuition
Une question simple se pose alors : pourquoi ne pas appliquer au réseau physique ce que l’on fait déjà au niveau logique ?
Autrement dit, pourquoi ne pas chercher explicitement un chemin, puis un second chemin, en s’assurant de leur indépendance, comme on le fait avec des protocoles de routage ou des mécanismes de redondance ?
Changer de modèle
Cette question amène à modifier la manière de représenter le réseau. Le problème n’est plus uniquement un problème de câblage, mais un problème de chemins.
Chaque élément peut être ramené à une abstraction simple : un port devient un point, un câble devient une liaison. Le réseau physique peut alors être modélisé comme un graphe.
Ce que cela permet
Dans ce modèle, il devient possible de parcourir le réseau de proche en proche, en suivant les connexions entre les différents éléments.
On peut ainsi reconstruire un chemin complet entre deux points, sans hypothèse ni interprétation. Le chemin obtenu correspond au chemin réel.
Le véritable enjeu
Trouver un premier chemin est relativement simple dans ce contexte. La difficulté apparaît lorsque l’on cherche à construire un second chemin réellement indépendant du premier.
On se retrouve alors face à des problématiques connues : chemins disjoints, partage de ressources, points de convergence. Ces notions sont parfaitement maîtrisées dans les protocoles de routage, mais elles sont rarement appliquées au réseau physique.
Conclusion
L’idée est finalement assez directe : considérer le réseau physique comme un système de chemins, et ne plus supposer ce qui peut être vérifié.
La question n’est plus seulement de concevoir une architecture redondante, mais de démontrer que cette redondance existe réellement.